À l’occasion du 1er mai 2026, le ton est monté d’un cran à Diourbel. L’intersyndicale des centrales syndicales a pris une décision forte et inhabituelle : boycotter le dépôt du cahier de doléances, un acte symbolique majeur de la Fête du Travail. En cause, une accumulation de frustrations, de retards et ce que les travailleurs qualifient désormais de “mépris institutionnel”.
Dans une déclaration sans détour, les représentants syndicaux pointent du doigt l’absence répétée du gouverneur lors de la cérémonie officielle de remise du cahier de doléances. « Depuis deux ans, le gouverneur brille par son absence à ce rendez-vous crucial. C’est un mépris sidérant à l’endroit des travailleurs », dénoncent-ils.
Mais au-delà de cette absence jugée “irrespectueuse”, l’intersyndicale fustige surtout la lenteur chronique dans le traitement des doléances. Selon eux, l’exploitation du document démarre tardivement souvent au troisième ou quatrième trimestre pour s’achever à la veille du 1er mai suivant. « Un cycle absurde qui vide le processus de tout son sens », martèlent les syndicalistes.
Autre point de discorde : l’absence d’un véritable protocole d’accord. À la place, regrettent-ils, l’inspection du travail se contente de transmettre, à la dernière minute, un simple rapport. « Ce document, servi 24 à 48 heures avant le 1er mai, n’est rien d’autre qu’une pièce administrative destinée à la hiérarchie, sans impact réel sur les conditions des travailleurs », accusent-ils.
L’intersyndicale évoque également son exclusion persistante des Comités régionaux de développement (CRD). Malgré plusieurs demandes et lettres de relance, les syndicats disent être ignorés depuis le départ du gouverneur Mouhamadou Moustapha Ndao. « Nous avons réclamé à maintes reprises notre droit de cité dans ces instances de décision, en vain », déplorent-ils.
Face à cette situation, la décision de boycotter le dépôt du cahier de doléances pour 2026 apparaît comme un signal fort. Les syndicats justifient ce choix par le fait que le cahier de 2025 n’est toujours pas entièrement exploité, en raison de retards qu’ils jugent “manifestes et inacceptables”.
En guise de revendication principale, l’intersyndicale exige désormais sa réintégration immédiate au sein des CRD, estimant que leur exclusion compromet sérieusement la prise en compte des préoccupations des travailleurs dans les politiques publiques locales.
À Diourbel, la Fête du Travail 2026 s'est déroulé ainsi dans un climat de tension, où le dialogue social semble au point mort. Reste à savoir si ce coup de pression des syndicats fera réagir les autorités administratives, ou s’il marquera le début d’un bras de fer plus durable.
baoltimesnews : Thales ndiaye