À l’heure où la transformation numérique gagne progressivement le secteur de la santé, la protection des données personnelles des patients devient un enjeu majeur. À Diourbel, des professionnels de santé et gestionnaires de données ont bénéficié de deux jours de formation consacrés à la sécurité et à la sécurisation des données sanitaires. Une initiative portée par Transform Health et Enda Santé, avec l’appui de leur partenaire de mise en œuvre, CVH Cœur Rose.
Pendant deux jours, les participants ont été sensibilisés aux bonnes pratiques en matière de gestion, de protection et de sécurisation des données de santé. L’objectif est de permettre aux différents acteurs des structures sanitaires de mieux anticiper les risques liés à la gestion de données particulièrement sensibles.
Pour Floriane Kalonji Mbock, chargée de programme à Enda Santé, cette formation constitue une importante opportunité de renforcer les capacités des professionnels de santé et des gestionnaires de données.
« Ces deux journées sont une opportunité de sensibiliser et de renforcer les capacités des professionnels de santé, des gestionnaires de données des différentes structures de santé à Diourbel », a-t-elle expliqué.
Au-delà de la formation technique, les rencontres ont également permis aux participants de partager leurs expériences et d’échanger sur les différents enjeux liés à la sécurité des données sanitaires.
Selon Floriane Kalonji Mbock, la performance d’un système de santé ne peut être dissociée de la protection des informations personnelles des patients.
« Si nous voulons un système de santé performant, il nous faut penser à tous les risques potentiels dans la gestion de ces données personnelles, qui sont très sensibles », a-t-elle souligné.
Parmi les principales menaces évoquées figurent notamment les cyberattaques, mais également les défaillances pouvant affecter les systèmes de gestion des données. Autant de risques qui, selon les acteurs, nécessitent des mécanismes d’anticipation et de prévention pour éviter que les informations sanitaires ne soient compromises.
La protection des données, une question de droits des patients
Pour Enda Santé, l’enjeu ne se limite pas à la maîtrise des outils numériques. Il s’agit également de garantir les droits des patients et de permettre aux structures sanitaires de mieux contrôler leurs propres écosystèmes de données.
« Les enjeux consistent à maîtriser nos données, nos écosystèmes et surtout à respecter les droits des patients. Il faut comprendre que la gestion et la sécurité de nos données vont de pair avec une réflexion sur les droits des patients », a indiqué la chargée de programme.
Les organisateurs attendent désormais des professionnels formés qu’ils deviennent de véritables relais au sein de leurs structures respectives, afin de contribuer à l’amélioration des pratiques et des comportements.
L’objectif est également de favoriser la sensibilisation entre pairs et de renforcer progressivement la résilience du système sanitaire face aux menaces liées à la protection des données.
Vers une véritable transformation digitale du secteur de la santé
Pour Dr Cheikh Sadibou Ba, représentant du médecin-chef du centre de santé de Diourbel, cette formation arrive à point nommé. Il estime que la digitalisation des données sanitaires constitue désormais un processus incontournable, qui nécessite à la fois des compétences, de la sensibilisation et un plaidoyer permanent.
« L’atelier est venu à son heure. C’est déjà un processus. Nous avons partagé sur l’opportunité de faire ces formations et sur l’importance d’aller vers la transformation digitale des données », a-t-il déclaré.
Le praticien a également insisté sur l’importance de la mise en place de dossiers patients permettant aux malades d’accéder plus facilement à leurs informations sanitaires.
« L’installation du dossier au niveau des patients permettra aux malades d’avoir accès à leurs données et aux informations sanitaires », a-t-il expliqué.
Cette transformation ne se fera toutefois pas du jour au lendemain. Elle nécessite, selon lui, davantage de plaidoyer, de sensibilisation et d’accompagnement des acteurs de terrain.
Des outils déjà utilisés dans les structures sanitaires
La digitalisation n’est d’ailleurs pas totalement nouvelle dans les structures de santé de Diourbel. Plusieurs logiciels sont déjà utilisés dans différents domaines, notamment pour la gestion des ressources humaines, le suivi des personnes vivant avec le VIH, la vaccination ou encore la prise en charge des maladies chroniques.
Mais cette évolution reste encore partielle et appelle à davantage de renforcement des capacités.
« Il existe déjà certains outils que nous utilisons, notamment pour la gestion des ressources humaines, des malades VIH, la vaccination et les maladies chroniques. D’où l’importance de ces formations, parce que d’autres aspects ne le sont pas encore », a relevé Dr Cheikh Sadibou Ba.
Pour lui, l’accompagnement des partenaires demeure essentiel pour réussir cette transition.
À Diourbel, l’enjeu est désormais clair : accélérer la transformation digitale du système de santé tout en veillant à ce que la sécurité, la confidentialité et les droits des patients restent au cœur du processus.
baoltimesnews : MS