Le président du parti MPES / JEF AK NJERIN et membre fondateur de KIIRAAY, Assane Sylla, exprime ses préoccupations face à ce qu’il présente comme une démarche de certains responsables du parti à Diourbel. Dans une prise de position axée sur la cohésion, la massification et l’élargissement de la base électorale, il appelle à regarder au-delà des militants déjà engagés dans la dynamique commune.
À Diourbel, le débat sur la structuration et l’élargissement de KIIRAAY prend une nouvelle tournure. Alors que le parti poursuit son implantation territoriale, Assane Sylla, président du MPES / JEF AK NJERIN, interpelle les responsables sur les méthodes de mobilisation et de conquête politique.
Dans son analyse, il met particulièrement en garde contre une stratégie consistant à cibler des militants déjà actifs aux côtés d’un leader allié au sein de la même dynamique politique. Pour lui, une telle démarche risque de déplacer les équilibres internes sans nécessairement élargir la base électorale.
« UN JEU À SOMME NULLE »
Pour Assane Sylla, chercher à attirer des militants déjà acquis à la dynamique commune ne permettrait pas, selon son analyse, de créer une nouvelle force électorale.
« Cela ne crée pas de nouvelle force électorale pour le président. Déplacer des militants d’un allié vers le parti présidentiel change la répartition interne, mais n’augmente pas le score global de la coalition », estime-t-il.
Une lecture qui traduit, selon lui, la nécessité de privilégier une stratégie d’élargissement plutôt qu’une compétition interne entre composantes alliées.
LE RISQUE D’UNE FRACTURE ENTRE ALLIÉS
Autre préoccupation soulevée par Assane Sylla : les frustrations susceptibles de naître d’une concurrence entre responsables et structures qui militent dans une même dynamique.
Selon lui, cibler les bases déjà constituées peut fragiliser la cohésion entre partenaires et installer un climat de méfiance.
« Cette démarche peut fragiliser la cohésion de l’alliance en installant un climat de méfiance et de concurrence interne inutile entre leaders partenaires », fait-il valoir.
Pour le responsable politique, l’enjeu ne devrait donc pas être de savoir quelle composante récupérera davantage de militants déjà engagés, mais plutôt comment la dynamique commune peut conquérir de nouveaux espaces.
« IL FAUT PÊCHER EN EAU PROFONDE »
Assane Sylla propose ainsi une autre orientation : aller à la conquête de ceux qui restent encore en dehors des organisations politiques. Pour lui, la véritable massification passe par une recherche de nouveaux électeurs et de nouveaux espaces de mobilisation.
« La véritable massification et l’élargissement d’une base électorale solide demandent d’aller pêcher en eau profonde », soutient-il.
Une formule qui résume sa vision d’une stratégie davantage tournée vers les indécis, les abstentionnistes et les citoyens qui ne se reconnaissent pas dans l’offre politique actuelle.
QUATRE PISTES POUR ÉLARGIR LA BASE
Dans cette perspective, Assane Sylla identifie plusieurs catégories qui pourraient, selon lui, constituer de nouvelles cibles de mobilisation :
1. LES INDÉCIS ET LES ABSTENTIONNISTES
Il invite d’abord les responsables politiques à s’adresser aux citoyens qui hésitent encore ou qui ne participent pas aux scrutins, afin de tenter de les convaincre de rejoindre la dynamique politique.
2. LA « MAJORITÉ SILENCIEUSE »
Le président du MPES / JEF AK NJERIN estime également nécessaire d’aller à la rencontre des citoyens qui ne se reconnaissent plus dans l’offre politique actuelle.
3. ALLER À LA RENCONTRE DE L’OPPOSITION
Autre piste avancée : investir les espaces politiques adverses et chercher à convaincre les militants qui seraient déçus par leurs formations actuelles.
Pour Assane Sylla, il s’agit notamment de déconstruire les arguments des adversaires et de proposer une alternative susceptible de convaincre de nouveaux adhérents.
4. INVESTIR DE NOUVEAUX Terrains
Enfin, il préconise d’aller vers les primo-votants, les mouvements associatifs et les secteurs professionnels encore peu engagés politiquement.
L’objectif affiché est de sortir des cercles militants déjà constitués pour toucher de nouvelles catégories de citoyens.
« NE PAS CONFONDRE MASSIFICATION ET REPOSITIONNEMENT »
À travers cette sortie, Assane Sylla pose donc la question de la méthode et des priorités dans la structuration de KIIRAAY à Diourbel. Son message est centré sur une idée : l’élargissement de la base politique doit, selon lui, passer par la conquête de nouveaux électeurs plutôt que par une concurrence pour les militants déjà engagés dans la même dynamique.
Dans un contexte où KIIRAAY poursuit son implantation territoriale et où des responsables locaux revendiquent déjà une présence active sur le terrain, le débat sur les stratégies de mobilisation prend une importance particulière.
Pour Assane Sylla, l’enjeu est donc moins de déplacer les forces existantes que de chercher celles qui restent encore en dehors du champ politique organisé.
baoltimesnews: Thom D