La grève générale paralyse fortement l’hôpital régional Heinrich Lübke de Diourbel. Avec un taux de suivi supérieur à 90 %, selon El Hadji Abibou Ndao, secrétaire général du SACSASS au niveau de l’établissement et chargé des affaires sociales au niveau national, le mouvement traduit une colère persistante des travailleurs de la santé, dont les revendications restent, selon lui, sans réponse concrète depuis 2022.
« C’est largement suivi. Les médecins et les autres syndicats sont également partis », affirme le responsable syndical, qui prévient que la mobilisation pourrait encore monter d’un cran. Déjà à leur septième plan d’action, les SACSASS envisage un huitième si leurs doléances ne sont toujours pas satisfaites.
Au cœur du bras de fer avec le gouvernement : la situation des agents contractuels. El Hadji Abibou Ndao accuse le ministère de la Santé de vouloir privilégier les contractuels relevant directement de son département, au détriment de ceux des établissements publics de santé (EPS). Une distinction qu’il juge injuste et discriminatoire. « Nous, au SACSASS, nous allons faire face pour arracher tous nos droits », martèle-t-il.
Le syndicaliste dénonce également des promesses répétées, notamment concernant la prise en charge de leurs revendications à l’Assemblée nationale, sans avancées concrètes sur le paiement des sommes attendues. Il déplore aussi des négociations qui, selon lui, n’aboutissent pas, laissant les travailleurs dans l’incertitude.
Mais au-delà des revendications salariales et sociales, c’est l’état de l’hôpital régional de Diourbel qui suscite une vive inquiétude. Manque de matériel, insuffisance du plateau médical, déficit de chariots et de fauteuils roulants : le responsable syndical dresse un tableau préoccupant des conditions de travail et de prise en charge des patients.
Plus alarmant encore, le bloc opératoire serait fermé depuis deux ans dans le cadre de travaux de réfection portant sur huit salles d’opération, dont l’achèvement tarde toujours. À cela s’ajoute un scanner dont la durée de vie est, selon lui, arrivée à expiration, faisant planer des inquiétudes sur la continuité de cet équipement essentiel au diagnostic.
El Hadji Abibou Ndao interpelle directement le ministre de la Santé, qu’il accuse de n’avoir jamais effectué de visite à l’hôpital de Diourbel depuis sa nomination pour constater la réalité du terrain. « Vous êtes un ministre de la République, vous devez privilégier l’équité et traiter de la même façon tous les hôpitaux du pays », lance-t-il.
Son appel est sans détour : le responsable syndical exige des mesures urgentes pour améliorer les conditions de travail, rétablir les services affectés et garantir aux populations de Diourbel un accès à des soins de qualité. Entre revendications sociales non satisfaites et difficultés matérielles persistantes, la crise pose une question cruciale : jusqu’à quand l’hôpital régional de Diourbel devra-t-il attendre des réponses concrètes ?
baoltimesnews : MS