Diourbel n’entend plus subir. Ce lundi, le ministre de l’Urbanisme, de l’Aménagement du territoire et des Collectivités territoriales a effectué une visite de terrain très attendue sur le chantier de drainage des eaux pluviales. Objectif : constater de visu l’état d’avancement des travaux et s’assurer que les orientations techniques validées en amont se traduisent fidèlement sur le terrain.
Derrière cette descente, un enjeu majeur : apporter des solutions concrètes et durables aux inondations récurrentes qui affectent les populations urbaines. « Il s’agit non seulement de vérifier la conformité des travaux, mais surtout d’identifier les ajustements nécessaires pour qu’à l’horizon de 100 jours, nous disposions d’un système fonctionnel capable de soulager durablement les habitants », a indiqué le ministre.
Mais au-delà de l’urgence, c’est toute une vision de la ville qui est en jeu. Pour le ministre, l’urbanisme ne se limite plus à de simples opérations de lotissement. Il appelle à une planification rigoureuse et à un développement urbain durable. « Si les villes sénégalaises ne relèvent pas le défi de la gestion des eaux, nous nous dirigeons inévitablement vers de graves difficultés », a-t-il averti.
Avec une urbanisation galopante, « près de 75 % de la population sénégalaise pourrait vivre en zone urbaine d’ici vingt ans ; la gestion des eaux devient ainsi un impératif stratégique », a fait savoir Moussa Balla Fofana.
Le ministre insiste également sur une approche innovante : « considérer l’eau non plus comme une contrainte, mais comme une ressource à valoriser, notamment à travers des initiatives liées à la pisciculture et à la requalification d’espaces ».
Sur le terrain, les premiers résultats sont jugés encourageants. L’entreprise en charge du chantier affiche une capacité d’enfouissement de 30 mètres par jour sur un linéaire total d’environ 1,5 km. À ce jour, près de 200 mètres ont déjà été réalisés. « Si ce rythme est maintenu, le dispositif pourrait être achevé d’ici le 15 juin », s’est réjoui le ministre, affichant sa satisfaction quant à l’avancement global des travaux.
Le projet ne s’arrête pas là. Une enveloppe complémentaire a été mobilisée pour connecter la zone de Camb Souf et aménager l’exutoire des eaux. Au programme : la réalisation d’une rue pavée agrémentée d’espaces verts jusqu’à la rue d’Avignon. Coût de cette phase : 600 millions de francs CFA, portant l’investissement global à 1,2 milliard.
Présenté comme un projet pilote, ce chantier pourrait servir de modèle pour d’autres communes du pays. Le ministre a d’ailleurs insisté sur le rôle clé des collectivités territoriales dans la réussite de telles initiatives. « Une fois ce projet finalisé et testé, nous envisageons de le dupliquer dans d’autres villes », a-t-il conclu.
À Diourbel, l’espoir renaît. Entre volonté politique affirmée et avancées techniques, la ville amorce un tournant décisif vers une meilleure maîtrise de son développement urbain.
baoltimesnews : MS