Dans une lettre ouverte adressée au président de la Ligue, le FC Sao de Diourbel tire la sonnette d’alarme sur une pratique jugée préoccupante pour l’avenir du football régional sénégalais : l’utilisation de « clubs écrans ».
Selon le président du club signataire, certaines équipes engagées dans les compétitions régionales seraient en réalité constituées presque entièrement de joueurs venus de Dakar ou d’autres régions, sans véritable ancrage local. Une situation qui, bien que reflétant une certaine mobilité des talents, soulève de sérieuses inquiétudes quant à l’équité et à l’identité des championnats.
Le document met en avant trois conséquences majeures. D’abord, un risque de marginalisation des jeunes talents locaux. En alignant des effectifs importés, ces clubs réduiraient considérablement les opportunités de formation et de visibilité pour les joueurs issus des terroirs. Ensuite, une iniquité sportive grandissante : les équipes investissant dans la formation locale se retrouveraient désavantagées face à des structures bénéficiant de ressources humaines externes plus compétitives. Enfin, une perte d’identité des clubs, traditionnellement perçus comme le reflet de leur communauté.
« Jouer sous le nom d’une ville sans y avoir aucune attache dénature l’essence même de nos ligues régionales », souligne la lettre.
Face à cette situation, le FC Sao de Diourbel appelle les autorités à agir. Le club demande notamment à la Ligue d’exiger des preuves concrètes d’un ancrage territorial des équipes engagées, afin de préserver l’équilibre et l’authenticité des compétitions.
Pour ses auteurs, l’enjeu dépasse le cadre régional : il s’agit de garantir un développement harmonieux du football sénégalais, fondé sur des régions fortes et dynamiques, plutôt que sur une extension informelle du vivier dakarois à l’échelle nationale.
En attendant une réaction des instances concernées, cet appel met en lumière un débat crucial pour l’avenir du sport roi au Sénégal.
baoltimesnews: Momo